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102 pages

Livre broché 18,00 €

21 x 15 cm

Collection de la Corne retournée

© 2026

ISBN 979-10-96731-38-1

Il arrive qu’une époque cesse de savoir exactement ce qu’elle est. Les mots demeurent, les institutions demeurent, les croyances changent de forme, les systèmes continuent de fonctionner ; pourtant, quelque chose s’est déplacé. Le monde auquel nous appartenions semble encore être là, mais nous ne l’habitons déjà plus de la même manière. Ce qui paraissait stable devient incertain. Ce qui semblait impensable devient possible. Et ce qui nous paraissait familier commence à nous apparaître sous un jour étranger. La conversion numérique de la société, l’hyperconnexion, la transformation de la presse, la circulation instantanée des savoirs et des opinions ont profondément modifié notre rapport au temps, à l’espace et à l’autre. Nous sommes entrés dans une époque où chacun peut être partout sans nécessairement être quelque part, où l’information précède parfois l’expérience, où la représentation du réel tend à se substituer à l’épreuve que nous en faisons. Le monde se donne à nous sous la forme d’un flux continu, mais cette abondance de connexions ne garantit ni une meilleure compréhension de ce qui est, ni une plus grande capacité à agir sur ce qui advient. Les démocraties sont prises dans cette transformation. Elles doivent désormais affronter des pouvoirs qui ne se présentent plus toujours sous la forme visible d’une autorité, mais qui agissent à travers les réseaux, les flux, les images, les algorithmes, les normes et les récits. Les frontières entre le politique, l’économique, le médiatique et le technologique se déplacent. Les formes traditionnelles de la souveraineté subsistent, tandis que d’autres puissances, moins aisément identifiables, contribuent à déterminer ce que nous pouvons savoir, penser, désirer et devenir. Mais derrière cette mutation du monde se cache une question plus ancienne et plus radicale : qu’est-ce que l’homme lorsque les représentations qu’il avait de lui-même ne suffisent plus à le définir ? Et si cette question était elle-même mal posée ? Si l’homme ne pouvait être compris à partir de ce qu’il est seulement, mais devait l’être également à partir de ce qu’il peut devenir ? Si l’identité n’était pas le contraire du changement, mais l’une des formes provisoires que prend le devenir ? Si, enfin, l’autre n’était pas seulement celui qui se tient devant nous, mais aussi ce par quoi nous devenons capables d’être autrement ? C’est autour de ces interrogations que s’organise cette trilogie. Elle ne commence pas par l’homme. Elle commence par le rien.

Table pour Trilogie de l’altérité

 

Préface

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Du rien

De l'autre

Du monde

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Postface — L’ouverture à l’épreuve du réel​​

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TRILOGIE DE L‘ALTÉRITÉ
Du rien – de l’autre – du monde
RACHEL CHICHE, JOAR POZLAN

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